Background

la réponse fondée sur des données probantes du Canada à l’échelle internationale

Les organisations canadiennes qui luttent contre la pandémie de COVID-19 à l’échelle internationale font état d’une crise au sein d’une crise. Parallèlement au virus, la fragilité des systèmes de santé, ainsi que l’insuffisance des données et leur manque de fiabilité risquent d’inverser les gains cruciaux réalisés sur les plans de la santé et des droits dans le monde et ont accru l’isolement des personnes les plus vulnérables. Comment réagirons-nous? Comment pouvons-nous faire mieux? Voici ce qu’elles nous ont dit.

Les organisations canadiennes qui luttent contre la pandémie de COVID-19 à l’échelle internationale font état d’une crise au sein d’une crise. Parallèlement au virus, la fragilité des systèmes de santé, ainsi que l’insuffisance des données et leur manque de fiabilité risquent d’inverser les gains cruciaux réalisés sur les plans de la santé et des droits dans le monde et ont accru l’isolement des personnes les plus vulnérables. Comment réagirons-nous? Comment pouvons-nous faire mieux? Voici ce qu’elles nous ont dit.


100 jours d’une pandémie : rapport complet

De mars à juin 2020, plus de 100 organisations ont communiqué leurs constats quant aux répercussions de la COVID-19 sur leur travail et sur leurs activités, ainsi que des recommandations quant à l’utilisation des données pour la réponse à des crises et des défis sanitaires mondiaux. Pour lire le rapport complet, cliquez ici. Partagez ce sommaire chronologique


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Ce rapport est publié en partenariat avec Affaires mondiales Canada.

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Avant la COVID-19

Avant l’éclosion de la pandémie, les organisations canadiennes et leurs partenaires mondiaux se heurtaient régulièrement à de complexes défis liés aux données. Pour préparer leur réponse à la COVID-19, les organisations ont puisé dans les enseignements tirés d’un éventail de crises sanitaires mondiales.

Le 31 décembre 2019

La Commission municipale de santé de Wuhan fait état de plusieurs cas de pneumonie recensés à Wuhan, dans la province de Hubei. Un nouveau type de coronavirus est par la suite identifié.

Les défis pré-COVID-19

D’importants défis liés aux données pèsent sur le secteur de la santé mondiale avant la COVID-19 :
  1. Manque de cohérence et faible qualité des systèmes d’information en matière de santé à tous les niveaux (national, régional, local).
  2. Faible capacité organisationnelle pour comprendre et interpréter les données.
  3. Persistance de lacunes dans les données relatives aux groupes vulnérables (en particulier dans les données liées au genre).
  4. Résistance des gouvernements par rapport à la publication des données.
  5. Manque d’intérêt et de financement relativement aux données, à l’évaluation et à la recherche sur la mise en œuvre.
  6. Applicabilité et utilité restreintes des données des enquêtes sanitaires au niveau national en raison de la rapidité, de l’ampleur, de l’objet et de la disponibilité.

Les leçons apprises

1. Réponses à des crises antérieures dont nous tirons des enseignements : Ebola, Zika, VIH.

  •  La majorité des programmes de lutte contre la COVID-19 à ce jour sont basés sur les méthodologies utilisées et l’expérience acquise lors de la réponse à l’Ebola. » « Nous devons amplifier les leçons durement apprises. »

2. Ce que nous avons vu antérieurement et que nous devons éviter : –

  • Détournement de ressources (personnel, équipement).
  • Flambée de désinformation : messages réducteurs et information trompeuse pour justifier l’(in)action.
  • Radicalisation, répression dans les lieux publics et stigmatisation/discrimination qui « poussent les communautés vulnérables à se mettre à couvert » et à ne pas recourir aux services de santé.

3. Ce que nous avons vu antérieurement et que nous devons refaire :

  • Prioriser « un engagement important et inclusif envers les personnes les plus à risque ».
  • « Les données sont dynamiques. Nous devons faire preuve d’agilité. » : ne pas interrompre la collecte de données, même si celle-ci présente des lacunes et des difficultés. Veiller plutôt à réduire le fardeau.
  • Investir dans le renforcement de la capacité scientifique fondamentale et le savoir-faire en matière de données des intervenants et des communautés.

Le 30 janvier 2020

Le directeur général de l’OMS déclare l’éclosion du nouveau coronavirus (2019-nCoV) une urgence de santé publique de portée internationale.

Le 11 février 2020

Le gouvernement du Canada verse 2 millions de dollars à l’OMS pour aider les pays vulnérables à se préparer à lutter contre la COVID-19 et à y réagir.

Le 10 janvier 2020

L’OMS publie des lignes directrices sur le dépistage des cas d’infection.

L’OMS diffuse des orientations techniques exhaustives accompagnées de conseils à l’intention des pays sur la détection, les tests et la gestion des cas potentiels basés sur les connaissances disponibles.

La réponse à la COVID-19

Durant les 100 premiers jours de la pandémie, la manière dont les organisations canadiennes ont été touchées par la pandémie de COVID-19 et y ont répondu a grandement varié. Plusieurs facteurs ont influé sur les réactions, notamment les principales sources de financement, le stade de mise en œuvre des projets importants, la taille de l’organisation et de ses effectifs, ainsi que le principal pays d’intervention. Nombre des enjeux liés aux données qui existaient avant la COVID-19 ont été soit exacerbés, soit inchangés, alors que d’autres se sont radicalement transformés. Certains enjeux liés aux données ne sont plus aussi pertinents qu’ils l’étaient. La section suivante fait état des réponses et observations les plus courantes quant aux répercussions sur le personnel et les organisations.

Le 11 mars 2020

L’OMS déclare officiellement la COVID-19 une pandémie. Le gouvernement du Canada octroie 50 millions de dollars pour soutenir les efforts d’aide internationale des partenaires afin de prévenir la COVID-19 et y répondre.

Considérations générales dans le contexte de la COVID-19

Contexte nouveau

  1. Effets en cascade : Comme c’est le cas d’autres catastrophes, la COVID-19 entraîne une augmentation de la pauvreté et de la violence sexuelle et basée sur le genre, une insécurité alimentaire, une transmission accrue d’autres maladies infectieuses (comme la rougeole), des défis liés à la sécurité de la santé publique, et des enjeux de gouvernance dans les pays.
  2. Interdiction de voyage : Les restrictions imposées relativement aux déplacements, aux voyages et aux rassemblements dans le contexte de la COVID-19 soulèvent des questions quant à la validité des données, l’accès à l’information et le « délestage » des risques vers les partenaires locaux et les consultants.
  3. Divergences d’opinions quant aux risques et à la réponse : Les pays et les partenaires internationaux ont une compréhension différente des risques et des meilleures pratiques. La coordination de mesures cohérentes et la communication des priorités posent de lourdes difficultés.
  4. « Les systèmes de santé s’écroulent » : Il est difficile de planifier une réponse lorsque les infrastructures sont fragiles. Les organisations se heurtent à des problèmes au titre de la chaîne d’approvisionnement et de l’entreposage, tandis que le manque de fiabilité ou l’inexistence de systèmes d’information sur la santé rendent la planification des programmes difficile.
  5. « Nous devons transformer fondamentalement nos cadres de S&E » : Les organisations doivent adopter des stratégies entièrement nouvelles, conscientes que la COVID-19 « changera radicalement le degré de confiance que nous avons » dans nos données.
  6. « Nous n’avons pas encore cerné la question du genre » : On reproche aux plans de réponse nationaux et régionaux et aux modèles internationaux de ne pas tenir compte du genre. Parallèlement, les organisations ne sont pas adéquatement formées pour utiliser les données en matière de genre disponibles.
  7. Intérêt renouvelé envers des approches souples et basées sur des données probantes : Il est encourageant que de nombreux bailleurs de fonds et gouvernements (ré)affirment leur intérêt pour des solutions et des interventions rapides fondées sur des données probantes pour sauver des vies. Parallèlement, les organisations surveillent étroitement les changements dans les priorités de recherche et de programmes qui pourraient se répercuter sur les activités en cours.
  8. Évolution des relations avec les bailleurs de fonds : Dans l’ensemble, les organisations semblent avoir des rencontres fructueuses avec leurs donateurs et bailleurs de fonds, nombre d’entre eux faisant preuve d’une « flexibilité sans précédent ».
    Les organisations recevant actuellement des fonds du gouvernement du Canada reconnaissent spécifiquement et systématiquement sa transparence et son accessibilité, fournissant les exemples de pratiques utiles suivants :
  • Consultations virtuelles régulières avec la ministre et les hauts fonctionnaires sur un éventail de plateformes et de sujets.
  • Accessibilité des chargés de dossier et du personnel pour répondre aux questions directement ou par voie de consultation.
  • Reconnaissance des délais internes des organisations et orientations claires quant à l’utilisation de leur meilleur jugement en l’absence de directives.
  • Publication de FAQ en ligne.
  • Flexibilité concernant les activités, budgets, salaires et problèmes opérationnels.

Cliquez ici pour un sommaire des résultats « La réponse du secteur en chiffres ».

Le 13 mars 2020

Lancement du Fonds de réponse solidaire à la COVID-19.

La mise en œuvre

3 principaux champs d’intervention des programmes de lutte à la COVID-19 :

  1. Promotion de l’eau, assainissement et hygiène (accent particulier sur les communications et la transmission du message relativement à la prévention de l’infection).
  2. Renforcement des systèmes de santé et formation du personnel de santé (y compris la distribution. d’équipements de protection individuelle et le renforcement de la capacité d’intensification locale)
  3. Santé maternelle, néonatale et infantile.

Autres champs d’intervention des programmes :

  1. Sécurité alimentaire et soutien à la nutrition.
  2. Soutien économique (y compris revenus alternatifs).
  3. Programme de lutte contre la violence sexuelle et basée sur le genre.

Autres activités :

  1. Soutien à l’éducation.
  2. Soutien psychosocial et à la santé mentale.
  3. Soutien aux infrastructures de santé et à l’innovation (y compris la médecine à distance et la télémédecine).
  4. Traitement des infections opportunistes pour les personnes immunodéprimées.
  5. Campagnes d’information, de plaidoyer et d’information scientifique.
  6. Soutien et direction de programmes de surveillance active (y compris le suivi des cas et des contacts).

Du 24 mars au 17 avril 2020

Le CanSFE tient quatre séances virtuelles pour communiquer de l’information et des ressources liées aux répercussions de la COVID-19 sur le travail des partenaires :

  1. Engagés à réaliser nos mandats : programmes et activités en santé mondiale dans le contexte de la COVID-19 »; participation de 45 organisations.
  2. Discussion sur les méthodes d’évaluation à l’intention des partenaires des Partenariats pour le renforcement de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants; participation de 32 organisations.
  3. Échange entre petites et moyennes organisations : partager les leçons apprises; participation de 35 organisations.
  4. Rencontre virtuelle 2020 de l’Appel à l’action du Réseau santé Canada-Haïti; participation de 40 représentants.

Stratégies de collecte des données

Les répondants ont souligné que la COVID-19 les a obligés à adopter des stratégies à distance pour rendre compte des difficultés liées à la pandémie, ainsi que des pratiques à distance nouvelles ou peu familières. Les organisations sont en mode « plan B » : « Nous essayons de déterminer notre meilleur second choix, parce que la meilleure approche n’est tout simplement pas applicable. »

Les répondants approchant de la fin d’un projet se situaient invariablement dans l’une des catégories suivantes :

  1. Collecte finale des données effectuée – évaluation finale possible.
  2. Collecte finale des données non effectuée, mais pratiques de suivi ou données de mi-parcours robustes – évaluation finale modifiée.
  3. Collecte finale des données non effectuée, et pratiques de suivi ou données de mi-parcours limitées – évaluation finale lourdement compromise et pratiquement impossible.

De nombreuses organisations ont indiqué qu’elles mettront davantage l’accent, dans leurs futures pratiques d’évaluation, sur la collecte régulière de données afin de ne pas dépendre ainsi de la collecte finale des données.

Adaptation des stratégies de collecte des données

  1. Réduction de la taille des échantillons
    • Adopter des méthodes à distance mixtes (par téléphone, messagerie texte, sondages en ligne) afin d’accroître le nombre de réponses et de trianguler les résultats.
    • Prévoir utiliser des méthodes comme le sondage cumulatif et l’analyse de réseaux sociaux.
    • Recourir davantage aux entrevues auprès d’informateurs clés et d’experts.
    • Utiliser plus largement les incitatifs qui favorisent sensiblement la participation.
  2. Amélioration des compétences du personnel local et redistribution des tâches en faveur du personnel plus mobile.
    • Confier aux chauffeurs les tâches de collecte de données, de transcription et de photographie.
    • Renforcer les compétences en documentation de l’ensemble du personnel.
    • Demander au personnel local de numériser ou de photographier les dossiers papier pour examen à distance.
  3. Harmonisation des protocoles avec les consignes de sécurité.
    • Mener des entrevues en personne, recenseurs et répondants à distance de deux mètres.
    • Recourir aux appels téléphoniques ou à la messagerie texte pour les communications et la collecte de données.
  4. Ressources pour collecte de données virtuelle et la visualisation à distance.
    • Tenir les groupes de discussion et les entrevues sur Zoom.
    • Faire les revues et visites de sites à l’aide de Zoom/Skype.
    • Consulter l’imagerie par satellite ou par drone afin de suivre les changements ou les problèmes.
    • Acheter des téléphones intelligents et offrir la formation nécessaire à tous les responsables de la collecte des données.
    • Installer de petits ordinateurs pour la collecte de données à distance.
    • Utiliser les médias sociaux, y compris l’analyse des médias et des réseaux sociaux.

Quels sont les enjeux exacerbés?

1. Collecte et gestion des données plus difficiles – Les méthodes de rechange que les organisations adoptent nécessitent plus d’efforts et de temps. Ce [fardeau] s’alourdit parce que les solutions de remplacement que nous utilisions ne fonctionnent plus. » – Les organisations mettent sur pied des groupes de travail sur la COVID-19 et consacrent d’importantes ressources à l’élaboration de listes de contrôle et de protocoles. – Les répondants craignent d’être moins en mesure d’entretenir leurs relations avec les communautés, surtout les plus vulnérables. – « Nous ne sautons pas l’étape de l’évaluation », mais nous pourrions « rétrécir la portée (de nos activités d’évaluation) ».

2. Recours obligé aux données secondaires – Dans un proche avenir, la collecte de données primaires sera restreinte ou annulée. Les organisations pourraient donc devoir s’appuyer sur les données disponibles des systèmes d’information sur la santé nationaux et des Enquêtes démographiques et de santé (DHS). Toutefois, ces données secondaires sont souvent désuètes, contiennent des estimations approximatives et ne sont pas applicables à la communauté ou à la région géographique d’intérêt. Il existe peu de données sur les cas de COVID-19 qui pourraient soutenir l’élaboration des programmes. – Le personnel et les donateurs n’ont pas la compréhension approfondie nécessaire des possibilités et écueils que présente l’utilisation de données secondaires.

3. Baisse de fiabilité des données – Les organisations continuent de s’appuyer sur la collecte de données primaires, surtout pour assurer une approche basée sur le genre et les droits, et pour suppléer à la pauvreté des données des systèmes d’information de gestion de la santé (HMIS). – Difficultés accrues sur le plan de l’accessibilité : dossiers papier inaccessibles, capacité du personnel limitée, personnel de la santé débordé, et communautés moins enclines à participer. – Les organisations font état d’une importante courbe d’apprentissage, alors que le personnel apprend à utiliser les technologies numériques, ou n’y a pas accès, donnant lieu à des données peu cohérentes ou de faible qualité.

Le 5 avril 2020

Le Canada a jusqu’ici octroyé 159,5 millions de dollars pour soutenir les efforts internationaux de lutte contre la COVID-19 visant plus particulièrement la fourniture de matériel et la prestation de services médicaux, l’amélioration des services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène, l’information au public sur l’atténuation des risques et le renforcement des capacités locales.

Quels sont les enjeux non pertinents?

  1. Nombreux projets de recherche
    • Les organisations qui ont des programmes de recherche ont annulé plusieurs projets à leur calendrier, en particulier les études faisant appel à un processus de collecte de données selon une méthode mixte. Plusieurs de ces études ne reprendront pas. En conséquence, les établissements d’enseignement supérieur anticipent d’importantes répercussions sur les étudiants et les futurs diplômés.
  2. Collecte exhaustive de données
    • La crise a fait ressortir la sous-utilisation des données recueillies. Nous avons besoin d’orientations claires et de soutien pour mieux rationaliser nos plans de collecte de données avant une crise. À cet effet, il faut que les bailleurs de fonds exigent beaucoup moins d’indicateurs et soient plus souples dans leur mode de mesure de l’impact.
  3. Processus d’évaluation initiale et finale et plans de mise en œuvre des projets
    • Un grand nombre d’évaluations initiales et finales, et de plans de mise en œuvre de projets ont été reportés indéfiniment. Les organisations attendent des indications quant aux échéanciers et envisagent des stratégies de collaboration pour combler les lacunes en matière de données par le partage des données et des évaluations. Elles se demandent également comment elles pourront réaliser les programmes qu’elles ont proposés dans ce nouveau contexte.
    • « Nos projets à long terme sont reportés. » « Il s’agit actuellement de conserver les acquis et nous nous attachons à ne pas perdre de terrain (en ce qui concerne les progrès que nous avons accomplis). »
  4. Qui fait des évaluations?
    • Plusieurs organisations ont imposé des restrictions de voyage jusqu’en décembre 2020, voire juin 2021. Les partenaires canadiens ne pourront donc pas se livrer au suivi et à la vérification des données sur le terrain. En conséquence, « nous devrons nous fier à l’intuition du personnel local » pour la collecte et l’interprétation des données et le traitement des données recueillies – ce qui est une bonne chose.
    • « Nous avons peu de contrôle sur nos évaluations maintenant. » La COVID-19 a fait ressortir le recours général à des experts externes pour les évaluations. Plusieurs organisations ont souligné la nécessité de confier en priorité aux experts dans le pays et aux communautés les tâches de suivi et évaluation (S&E).

Le 4 mai 2020

Au total, le gouvernement du Canada a investi 850 millions de dollars pour appuyer la cible de financement de 8 milliards de dollars de la Réponse mondiale au coronavirus qui vise à soutenir les chercheurs et les innovateurs.

Le 6 mai 2020

Diffusion d’une déclaration commune des gouvernements et de la population de 59 pays, dont le Canada : « Protéger les droits et la santé sexuels et reproductifs et promouvoir l’égalité des genres pendant la crise de la COVID-19 ».

Quels sont les enjeux cohérents?

  1. Les organisations de la société civile (OSC) ont un rôle à jouer dans le renforcement de la capacité nationale en matière de données
    • Les OSC canadiennes partagent les outils qu’elles ont élaborés sur les besoins des femmes et les lacunes dans les services : « Nous pensons que ces outils sont aussi pertinents, sinon plus, dans le contexte actuel, et nous les partageons avec les autorités régionales et locales. »
    • Le rôle de validation externe des données du secteur du développement international, surtout en ce qui concerne les communautés vulnérables ou marginalisées, est jugé utile. Les OSC peuvent contribuer à éclairer la prise de décisions des gouvernements par des recommandations fondées sur des données probantes.
  2. Des données de qualité, le S&E, et des systèmes d’information sur la santé sont nécessaires avant une crise
    • Nous ne pouvons pas attendre qu’une crise surgisse avant d’investir dans des systèmes d’information sur la santé ni relâcher nos efforts en l’absence de crise. Les pays dotés de systèmes robustes fournissent actuellement des données utiles et les systèmes qui étaient moins robustes s’écroulent.
    • Dans l’ensemble, la confiance dans les systèmes d’information sur la santé et leur capacité sont limitées.
  3. La COVID-19 n’est pas la seule crise
    • Nous ne devons pas faire fi des autres crises que les contrecoups de la COVID-19 ont soit exacerbées, soit fait émerger : « Il y a la pandémie de [COVID-19], et les autres pandémies qui sont en train de nous tuer. »
    • « Nous devons déterminer quels sont les types de données qui peuvent éclairer une approche de réduction des méfaits? Au-delà de la question ‘pourquoi les gens meurent-ils’, nous devons chercher à savoir ce qui peut prévenir les décès. Nous devons orienter nos processus de données vers cette approche. » Il faut être plus nuancés. Par exemple, prendre en considération les effets de la distanciation physique dans les pays où il n’y a pas de filet de sécurité sociale et où d’autres maladies infectieuses sont plus prévalentes et mortelles.

Le 18 mai 2020

La ministre du Développement international, Karina Gould, annonce que le Canada versera 306 millions de dollars en réponse aux appels annuels de financement lancés par les organisations humanitaires pour appuyer leurs activités partout dans le monde en 2020.

Le 19 juin 2020

Le CanSFE publie son rapport sur les 100 premiers jours de la pandémie, fournissant un aperçu de la façon dont les organisations canadiennes et leurs partenaires relèvent les défis liés aux données et à l’information pendant la pandémie de COVID-19.

Quels sont les enjeux émergents?

  1. Réaffirmation du principe « ne pas nuire »
    • Les partenaires ont réaffirmé devoir agir selon le principe « ne pas nuire ».
    • « Dans un effort pour être créatifs, nous avons fait émerger des questions éthiques que nous ne soupçonnions pas. » D’importantes lacunes dans les capacités et les connaissances ont été cernées en matière de protection des données, de confidentialité, de sécurité du personnel et des communautés, et d’éthique.
  2. Tolérance accrue à l’ambiguïté dans l’ensemble du secteur
    • « Nous prenons conscience de l’écart entre l’information que nous sommes tenus de recueillir en vertu de nos obligations contractuelles, et l’information qui est à l’heure actuelle véritablement utile. Nous nous en tenons à ce qui est utile actuellement. » Les organisations craignent de surcharger le personnel de santé sur le terrain et vérifient auprès des bailleurs de fonds les exigences qu’ils maintiendront quant au suivi par rapport aux cibles établies dans leurs obligations contractuelles avant la crise de la COVID-19.
    • « Nous avons besoin d’une tolérance accrue à l’ambiguïté. » Nous devons être à l’aise avec les approximations et la triangulation, exploiter de multiples sources de données et reconnaître qu’il sera difficile de maintenir une cohérence méthodologique.
  3. Amélioration des compétences technologiques et numériques
    • Les répondants ont largement discuté des défis et des atouts que présentent la technologie et les médias sociaux. Des investissements dans l’infrastructure technologique s’imposent pour les futurs programmes, ces investissements étant difficiles à mettre en place durant une crise.
    • Certains répondants ont indiqué que la confiance envers les technologies variait, celles-ci pouvant être inaccessibles et accroître la marginalisation. De nouvelles plateformes améliorées sont nécessaires.
  4. Compréhension accrue des risques
    • Les partenaires ont souligné la nécessité de modifier les registres de risques afin de tenir compte des risques à forte incidence, dont les pandémies.
    • Les organisations sont en train d’examiner comment mener à bien les évaluations finales des projets en fonction des échéanciers établis tout en maintenant une certaine cohérence dans les procédures d’évaluation.
    • Dans les contextes fragiles ou les situations de crise humanitaire, il est nécessaire de suivre les interactions entre la COVID-19 et les communautés, et son influence sur les communautés, au moyen d’indicateurs liés à la fragilité et à la violence.
  5. Communiquer différemment
    • Les activités de mobilisation et de diffusion des connaissances doivent être réimaginées. Les organisations songent à recourir à la diffusion des résultats par voie électronique, tout en sachant que cette façon de faire ne donnera vraisemblablement pas lieu à de riches discussions et à une utilisation optimale des résultats.
    • Les relations en personne sont importantes pour créer un climat de confiance et peuvent être nouvelles pour les collègues dans le pays. Nous devons mettre l’accent sur le renforcement des relations avec les autorités locales et les ministères de la Santé.

Les prochaines étapes

Les organisations canadiennes partagent une grande incertitude quant à ce que leur réservent la prochaine période de 100 jours et au-delà, et quels seront les impacts et legs de la COVID-19 sur la santé et les droits des personnes les plus vulnérables. Ce sentiment est si généralisé que notre secteur doit user de créativité et prendre des mesures concrètes pour prévenir les reculs et protéger les gains durement réalisés. Les priorités les plus courantes en matière de données, les obstacles persistants, les questions en suspens et les recommandations pour la suite des choses figurent ci-après.

Priorités


  1. Bâtir l’expertise dont nous avons besoin : Compte tenu des priorités nouvelles et émergentes, les professionnels du développement doivent être formés pour utiliser les technologies et les méthodologies en demande. Il faut de plus prioriser l’expertise locale et bâtir de solides banques d’experts locaux.
  2. Maintenir l’engagement prioritaire du Canada envers la SDSR, l’égalité des genres et le renforcement des systèmes de santé : Les organisations reconnaissent que l’engagement du Canada envers la santé et les droits des femmes et des enfants, surtout la santé et les droits sexuels et reproductifs et l’égalité des genres, doit être soutenu. Le risque de perdre les acquis est élevé. Une progression des investissements dans les systèmes d’information sur la santé, ainsi que dans la qualité des enquêtes nationales et locales, sera aussi essentielle pour assurer la résilience.
  3. Renforcer les partenariats en matière de S&E, recherche et technologies : Consortiums, partage de données, évaluations et surveillance conjointes – les partenaires souhaitent vivement explorer les partenariats collaboratifs et les modèles de programmes et de financement non concurrentiels, et obtenir le financement nécessaire pour le faire. Il faut des investissements et des idées novatrices pour répondre aux enjeux liés aux calendriers d‘exécution des OSC, aux priorités des établissements d’enseignement supérieur, au leadership des partenaires locaux et aux limites du secteur privé.

Obstacles


  1. Les nouvelles stratégies exigent flexibilité et financement : La COVID-19 a fait ressortir la nécessité d’interventions souples et rapides, dont l’application n’est possible que si les bailleurs de fonds modifient leurs exigences en permettant plus de flexibilité dans les programmes et les rapports, des approches adaptables, et un soutien direct accru aux acteurs locaux, et s’ils financent les infrastructures, le personnel et le renforcement des capacités.
  2. Nous risquons un retour en arrière à la simple mesure des résultats : Nous devons veiller à ce que les programmes donnent des résultats en matière de santé – que ces résultats soient mesurés – parallèlement à des résultats en matière d’autonomisation et de droits, afin d’éviter un recul par rapport aux progrès accomplis vers la réalisation d’importantes cibles des ODD. « Ça peut aller dans les deux sens… [les crises] présentent des possibilités d’innovation, mais aussi des risques de recul. » Nous devons comparer ce qui est comparable et nous rappeler que la collecte de données primaires robustes est essentielle pour comprendre des communautés diversifiées.
  3. Le legs durable de la COVID-19 : Bien que la pandémie aura son « revers de la médaille », la COVID-19 a déjà eu une influence irrévocable entre autres sur les comportements favorisant la santé et les perceptions communautaires. Dans notre quête de solutions et de vaccins, nous devons veiller à ce que nos approches de recherche et d’évaluation tiennent compte du vaste éventail des besoins et des préoccupations des communautés. En outre, nous ne pourrons pas mesurer l’impact de la COVID-19 sur notre secteur avant au moins un an, de sorte que nous devons actuellement prendre les meilleures décisions possible sur la foi de l’information dont nous disposons et réévaluer ces décisions au fur et à mesure que de nouvelles données factuelles émergent.

Questions


  1. Pouvons-nous exploiter la pensée innovatrice en matière de données? Les crises nous forcent à innover et à développer un « potentiel révolutionnaire ». « En ce qui a trait aux données, des choses que nous ne pensions pas pouvoir faire deviennent soudainement possibles. Toutefois, pour maximiser notre efficacité, il faut financer l’innovation en matière de données continuellement, au-delà des crises et pandémies. « Nous devons faire mieux en matière d’innovation et d’intégration numériques. »
  2. Comment en faire plus avec moins (de données) : Dans leur quête d’idées au sujet de ce que constituent la « rigueur » et des « données acceptables » pour la prise de décisions, les organisations sont à l’affût des meilleures pratiques pour le recodage de données existantes (« explorer les données que nous avons ») et la cartographie de données probantes antérieures ou de données secondaires aux fins de la réalisation des évaluations initiales et des évaluations finales. Les données historiques pourraient peut-être nous permettre de prévoir des besoins raisonnables avec plus d’efficience? Il y aurait lieu d’explorer des approches d’analyse factorielle.
  3. Comment faire concorder nos budgets et modèles de gestion et la nouvelle réalité? La COVID-19 a fait ressortir l’urgente nécessité d’accroître la flexibilité et le dynamisme des processus de production de rapports; ceux-ci doivent être rationalisés et rendus beaucoup plus pratiques. Les cadres de mesure de la performance sont souvent fastidieux plutôt qu’utiles et clairs. De plus, il doit y avoir consensus quant à leur raison d’être : raconter des histoires d’impact et répondre aux exigences de reddition de compte des bailleurs de fonds ou éclairer la prise de décisions et améliorer la qualité des programmes. « Nous avons désespérément besoin de redéfinir dans quel but nous faisons l’agrégation » et les raisons pour lesquelles nous recueillons d’emblée des données agrégées ». Peut-être devrions-nous envisager aussi (ou préférer) des mesures qualitatives ou d’autres approches?

Recommandations


  1. Améliorer les compétences techniques (numériques) et le savoir-faire en matière de données : Modélisation, analyse de données qualitatives, groupes de discussion virtuels, analyse des médias sociaux, visualisation des données, communications numériques, gestion des données secondaires, analyse féministe, partage de données/données ouvertes, et formation en ligne/plateformes de formation figurent tous au nombre des priorités mentionnées. Parallèlement, nous devons réfléchir au rôle des données dans la lutte contre la désinformation. Nous devons améliorer nos propres compétences scientifiques et savoir-faire en matière de données afin de pouvoir mieux soutenir nos partenaires.
  2. Raconter des histoires d’impact : Les données qualitatives sont plus que jamais essentielles pour comprendre la crise et ses effets. Or, notre secteur peine toujours à recueillir et à utiliser ce type de données. Nos structures de suivi doivent être renforcées afin de favoriser l’intégration de données qualitatives. Ces données nous aideront aussi à améliorer nos efforts de plaidoyer et à mobiliser les parties prenantes afin d’accélérer et d’amplifier le changement.
  3. Utiliser les données de manière éthique : Il faut raccourcir les délais pour l’accès à l’information et combler les lacunes persistantes en matière de données. En voulant agir avec plus de souplesse et de rapidité, nous ne devons cependant pas compromettre la sécurité et les droits des communautés. La COVID-19 a fait ressortir la nécessité de renforcer les compétences en matière d’éthique liées aux données contemporaines, notamment sur les plans de la confidentialité des données, de la gestion éthique et diffusion des données, de l’engagement de la communauté, et de la protection des données personnelles. Ces considérations étant nouvelles pour de nombreuses organisations, un encadrement étroit s’impose à ces égards.

Ressources

Consultez la liste complète des ressources relatives à la COVID-19 partagées par nos partenaires canadiens.

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Merci à nos collaboratrices et collaborateurs

Nous remercions les nombreux membres du personnel des 102 organisations qui ont fourni leurs données et leurs constats. Cliquez ci-dessous pour en savoir plus sur ces organisations et leur fructueux travail.

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